Au lieu de critiquer sytématiquement,
je ferais mieux de répondre au courrier
en temps et en heure
mais bon...
Celui/celle qui découvre le site peut être bien embêté(e) pour savoir par quel bout le prendre, les courriers "Obscur" et "Médiatrice" qui viennent de tomber confirment. Il y a bien quelques précisions dans le CV ou dans l' à propos, mais ce n'est pas encore au point, mon truc.
Pour l'anecdote, un chapitre sur la main tendue et le bénévolat est prévu, de longue date, dans une partie du site racontant mes années passées en communautés Emmaüs. Partie encore à venir (j'entend d'ici les ricanements de quelques-un(e)s, ça fait presque 3 ans qu'il dure, mon à venir ;o). Je vais donc pouvoir copier-coller depuis mes archives. Le problème, c'est que fouiller dans ce passé ne s'entreprend pas à la légère (d'ailleurs, pour ne pas avoir à y revenir trop souvent, considérez que ma réponse à votre courrier constitue également une réponse à Jean-Pierre et la mizajour annoncée de la page gamelle).
Tout d'abord, vous remercier pour la liste de dérives survenant parfois lorsqu'on prétend aider l'autre. Si vous, qui êtes du bon côté du manche, les identifez comme telles, imaginez ce que je me prépare (lentement, j'avoue ;o) à écrire sur le sujet ! Ensuite convenir que le panégyrique n'est pas le genre de la maison. Le site n'est pas fait pour ça, tout simplement. Mais il n'est écrit nulle part que les éducs sont tous/toutes des truffes ou que les associations ne seraient constituées que de moralistes. S'il est exact que je charge la barque, la sélection est rigoureuse : ne sont retenus que les pires. Sur des critères personnels, bien sûr, puisqu'on est sur un site perso.
Mais revenons à ce qui est probablement à l'origine de la volée de bois vert, les pages sur la gamelle et sur la réinsertion.
Pour cette histoire de gamelle, il faut accepter de remonter un peu dans le temps. Ma dernière famine date de la deuxième moitié des années 80, partiellement mise à jour il y a 5/6 ans lors d'une disette durable.
A l'époque, sur Paris, voilà comment je cassais la croûte. Il existait plusieurs communautés religieuses qui distribuaient quotidiennement des sandwichs, catholiques pour l'essentiel (les religieuses, pas les tartines). Il existait aussi de rares vraies "tables ouvertes", plus équitablement réparties quant à leur saint patron puisqu'on y trouvait des cathos, des protestants, des juifs, des musulmans, des mairie-de-parisiens et quelques autres que je n'ai pas identifié. Dans ces cantines, le repas était chaud et la place assise. Cela ne fait pas tant de rares que ça, le nombre de couverts pouvant être très limité. Rares parmi les rares étaient les portes ouvertes le soir. En ce temps-là, la distribution de soupe chaude ou de casse-croûte depuis des fourgons n'était pas encore rentrée dans les moeurs et on n'était pas censé avoir faim après 19 heures. Comme quoi bien des choses ont changé, ce qui explique certains malentendus avec les actuels visiteurs du site. Certes, c'est loin tout ça, mais dire que ça remonte au siècle passé ne signifie pas que ça date d'un siècle. J'ai le même problème avec les bleus, qui ont bien évolué d'après Trobizarre3. Chat échaudé craint l'eau froide, ne me demandez pas l'impossible.
Enfin bref . Il y avait donc de quoi manger pour tout le monde. On s'organisait un planning en tenant compte des horaires de distribution, des temps de trajet et des espoirs de varier le menu. Il fallait connaitre la longueur de la file d'attente, la facilité à frauder le métro à la station la plus proche et ajouter le retour vers son territoire habituel. Deux ou trois casse-croûte par jour vous coûtaient une heure par unité environ (regardez sur une fiche de paye pour estimer le coût du sandwich).
Jusque là, rien d'autre à dire que merci. J'ai mangé comme ça pendant bien trop longtemps pour cracher dans la soupe. Gardez bien ça à l'esprit, ce n'est pas sur le don de nourriture que je coince (encore que..., mais j'y reviendrai), mais sur certaines méthodes de distribution de l'époque. Notamment dans les communautés cathos. Que je vous explique comment j'ai vécu ça.
Très peu de communautés religieuses tenaient boutique. Parce que distribuer de la nourriture, d'accord, mais pas au point de laisser rentrer ces "clients-là". Alors, on utilisait une fenêtre, un guichet ou un portillon bricolé pour que chacun reste sur ses positions. La bonne soeur à la droite de dieu, le client sur le trottoir. On parle ici de distribution de sandwichs, pas d'accueil, même si le don était généralement complété d'un bonjour et d'un sourire. Mais comptez bien : 5 secondes suffisent largement pour ça, mettons 7 pour les premiers clients qui avaient à choisir entre le pâté de foie et la Vache-qui-rit. Sur le trottoir, ça poussait, et dieu n'a pas que ça à faire.
Les premières fois, on s'en fout royalement. La faim. Manger. N'importe quoi, n'importe où. Sans se poser de question. A la longue, pourtant... D'autant qu'il arrivait qu'en plein hiver il existe une dérogation à cette frontière. Pendant quelques jours de grands froids, la porte pouvait s'ouvrir sur une petite salle où trônait une énorme gamelle de soupe. Pas de table, mais quelques chaises. La distribution en était bien sûr fortement ralentie. Laisser rentrer par paquets de 10 ou 20. Remplir les bols de soupe, attendre que les mains engourdies cessent de trembloter, éponger les inévitables débordements, remplir à nouveau, attendre un peu, ne pas oser renvoyer trop vite à la rue, se décider enfin, insister doucement parce que d'autres attendent. Evidemment, c'est beaucoup plus dur que de distribuer au rendement de la tranche de pain vache-qui-risée. Le contact s'est fait, le pauvre a franchi le seuil de la maison. Il a été accueilli. On l'a accompagné en le tenant par le bras. On l'a regardé manger. On l'a vu de près, en vrai, de longues minutes. On a croisé son regard. On a peut-être bavardé avec lui. On a bien vu qu'il ressemblait à un homme, sous le déguisement. On ne peut plus ignorer la souffrance. On ne peut plus ne pas comprendre l'humilliation. On ne peut plus ne pas se poser de questions sur sa façon d'aider son prochain.
Quelques jours par an seulement. Mais c'était possible, la preuve. Donner à manger à des hommes plutôt que distribuer de la nourriture à des choses. Alors ?
Alors je n'ai pas digéré. Ca m'a sauvé la vie, mais ça me reste encore sur l'estomac. Quinze ans après. Une sorte de reconnaissance du ventre, dévoyée. Je ne sais pas si ce genre de distribution existe encore. Je ne veux surtout pas le savoir. J'ai ma lâcheté, comme d'autres ont leur fierté. Et je tiens à ma mémoire, c'est tout ce qu'il me reste. Pathologique, sans doute, mais on a les racines qu'on peut.
Dans la ville où je suis aujourd'hui installé, ça ne fonctionne pas du tout comme ça. Il y a quinze ans, je ne sais pas. On trouve deux restaurants, une table ouverte et une sorte de soupe populaire. Tenus par des bénévoles ou des bonnes soeurs ? On s'en fout. L'un des deux ouvre avant le lever du soleil. Il faudrait en trouver partout, des comme ça. C'est au petit matin, quand il faut trouver le courage et la force de recommencer à vivre une putain de journée de merde de plus, qu'il faut ouvrir les portes. Et tard le soir, aussi, avant la plongée dans la nuit. Le soir, la distribution depuis les camions est peut-être une partie de la solution. Provisoirement. Et à condition que ce soit chaud, nourrissant et que le service fonctionne à l'année. Ca vous plairait, vous, d'être obligé d'avaler votre bol de soupe en pleine rue, en plein vent ? Mais je reconnais qu'ainsi le donateur est à la même enseigne que le "donaté", et que ça change beaucoup de choses. Ces distributions au cul des camions sont un énorme progrès, comparées au rien d'avant. Donc continuer. Mais s'en contenter ?
Dans "ma" ville, on trouve aussi un restaurant municipal "de luxe". Le luxe ? L'accueil. Mais j'en parlerai une autre fois. Peut-être. C'est pas ici que je vais me mettre à faire des compliments, ça ferait désordre ;o). Pour l'instant, disons seulement qu'il est tenu par des employés municipaux ordinaires. Des fonctionnaires, quoi. Et qu'il arrive que des sociaux-pros viennent voir, parfois de loin, en quoi consiste ce luxe. Quelques responsables d'associations de bénévoles pourraient probablement y venir aussi, s'ils le demandaient, et en tirer quelque enseignement. Ne me demandez pas l'adresse : cherchez autour de vous. Si ça existe ici, on doit en trouver ailleurs. Sinon, y-a qu'à réinventer. Mais vous allez encore me reprocher de casser systématiquement de la bonne volonté...
Alors résumons.
Le jour où on trouvera dans chaque ville un repas équilibré, sur une table, dans une pièce sans courant d'air, à toute heure du jour ou de la nuit, gratuitement et sans formalité, je fermerai ma gueule. Que le service soit assuré par des bénévoles, des bonnes soeurs ou des fonctionnaires, je m'en contrefouts. Exigeant ? C'est le strict minimum. Et ce n'est pas négociable.
Dans votre courrier, vous dites aussi que je semble connaitre la situation des exclus et les structures d'aide. Non. Je connais ma situation, et je ne peux parler que des aides dont j'ai bénéficié (1). Les parcours, les problèmes et les attentes sont trop différents selon les personnes concernées pour généraliser, et surtout, surtout, c'est aux autres de dire ce qu'ils vivent (lire par ex. les courriers de Djibibi, de Trobizarre5 ou de JacqJe, celui d'Isa aussi, pour avoir une idée des différences de vécu). Là, pour le coup, le chacun pour soi est indispensable. C'est même un préalable. Il faut d'abord que l'exclu redevienne un individu à part entière, unique. Qu'il cesse d'être un sigle ou un mot fourre-tout comme il y en a tant sur ce site, à dessein. Ca, ça ne coûte pas un centime, et on peut se demander pourquoi ça reste à faire (certaines associations poussent dans ce sens, depuis pas mal de temps, mais, mais, mais...). Le jour où les actuels porte-parole deviendront des donne-parole et favoriseront (j'hésitais entre écouteront et accepteront...) l'expression des personnes concernées, je serais de leur côté. Je suis optimiste, ça vient (2). Mais la route est longue...
Quant aux conseils que je pourrais donner aux autres, hein... Dans la situation où je suis, d'habitude, on s'abstient. Et s'il m'arrive d'en donner, c'est par inadvertance, parce que je me suis laissé emporter ou par suffisance. C'est en tout cas sans le moindre intérêt.
Enfin, je mettrais votre courrier et celui de l'éducateur que vous assaisonnez dans le même sac ! En effet, chacun, à sa façon, semble poser la même question : bon alors, on fait quoi maintenant ? Que ça vienne d'un pro ou d'un particulier n'est qu'une histoire de couverture qu'il serait illusoire de tirer, on a besoin des deux. Le "travail" n'est pas le même et la compétition serait ici lamentable.
Mais ce "quoi faire ?" n'est peut-être pas la bonne question. Le point de départ ne serait-il pas pourquoi faut-il faire quelque chose ? Ne répondez pas trop vite, s'il vous plait.
"L'assistance des pauvres offre sans doute la plus grande tension sociologique entre les buts directs et indirects d'une action." Georg Simmel, Les pauvres, 1907 (3).
Tendre la main à l'autre, donner, relever, c'est tout ce qu'on veut sauf anodin. Oui, il faut aider l'autre. Distribuer un bol de soupe ou un rmi, c'est bien. C'est bien, mais ! Ne pas avoir à le distribuer, c'est mieux. Non ? L'aide qu'on m'a apporté ou qu'on m'apporte ne m'emmerde pas. Je ne la refuse pas. Elle m'a permis de vivre. Ne vous méprenez pas, c'est sur la raison d'être de ces aides, le "pourquoi ?", que je pique ma crise. Distribuer de la Vache qui rit ou du rmi n'est pas un but en soi ! Le monde aura fait un grand pas en avant le jour où on pourra brûler les camions de soupe, les asiles de nuit et les CCAS parce qu'on en aura plus besoin. C'est pas demain la veille ? Si on se satisfait de la situation actuelle, c'est exact. Et là, pour le coup, oui ça m'emmerde.
Si je regonfle mon pneu sans avoir enlevé le clou, je finirai par me lasser. Avant de pomper, j'aurais dû me demander pourquoi c'était à plat.
Ce n'est pas nier le rôle des bénévoles que de souhaiter que dans l'avenir on n'ait plus besoin d'eux. Pour 1 qui répond à l'urgence en distribuant de la Vache-qui-rit, du rmi ou des chemises propres, il en faut 100 qui se battent pour qu'elle disparaisse, cette urgence.
Ces vingts dernières années, les associations d'aide se sont multipliées. Pour ne citer qu'un seul exemple, prenons les Restos du coeur. Huit millions de repas distribués la première année (1985/86), soixante millions l'année dernière. Le premier qui me parle de progrès s'en ramasse une qu'il aura pas volé... Le travail des assoces et des bénévoles est vital. Mais il est instrumenté. Il sert à éponger la casse provoquée par notre façon de vivre, notre choix de société, notre silence ou notre égoïsme. De plus en plus d'assoces, de plus en plus de bénévoles, de plus en plus d'argent consacré à aider. Bravo ! Les français sont généreux. De plus en plus de pauvres... Hou, hou ! Un peu cons, aussi, parfois. C'est pas forcément les mêmes, d'accord. Et on ne leur a pas vraiment donné le choix, ces derniers temps, c'est exact. Il reste donc à changer sa façon de vivre et à ouvrir sa gueule. Chacun dans son coin, déjà, pour commencer. Pour amorcer la pompe. Mais d'abord enlever le clou.
Certes, les assoces dénoncent certains travers de la société. Avec toutefois bien moins d'ardeur et d'efficacité que pour obtenir des subventions. La raison d'être des associations caritatives, c'est le pauvre. Ce devrait être la misère. Si l'un ne va pas sans l'autre, ce n'est pas la même chose. Il y a une cause et une conséquence. Répondre à l'urgence, c'est une obligation. Ne répondre qu'à l'urgence, ad vitam aeternam, c'est un non-sens. Dans un autre domaine, mais la logique est la même, demandez-donc aux bretons, aux basques ou aux portugais si ça les amusent tant que ça de ramasser du fioul à l'épuisette qu'ils y retournent si souvent.
Je devrais être plus reconnaissant pour les années pendant lesquelles j'ai bénéficié de ces mains tendues ? Non. C'est le couteau sous la gorge que je me suis présenté à la porte des asiles et aux distributions de nourriture. Si j'ai une part de responsabilité, que je ne nie pas, dans mon histoire, c'est quand même la société qui tenait le couteau. Et c'est facturer très cher les erreurs que j'ai pu commettre et/ou mes échecs. Je ne suis ni plus fainéant ni plus con que la moyenne. C'est le cas de la quasi totalité de ceux qui dépendent des autres pour vivre. Dans ces conditions, pas de reconnaissance à avoir. Un grand merci à ceux/celles qui m'ont aidé, mais autant de coups que je pourrais en donner sur la société qui m'a contraint à la demander, cette aide.
On est parti loin du bénévolat ? On est en plein dedans. Bénévolat, même sans avoir jamais fait de latin je ne dois pas me gourrer de beaucoup en affirmant que ça veut dire vouloir le bien. Mais êtes-vous sûre que nous dessinons le même bien, tous autant que nous sommes ? Exemple extrême mais d'actualité : un président américain affirme conduire des guerres, donc tuer, au nom du bien qu'il a lui-même défini.
Cette notion de bien est furieusement "polluée" par des considérations religieuses ou morales, entre autres. C'est inévitable puisqu'il s'agit justement d'une valeur morale mais cela montre les risques pris à vouloir le bien des autres. Ces risques sont mieux connus depuis quelques années, ayant été en partie identifiés lors de débats autour de l'ingérence humanitaire à la française. On y retrouve entre autre l'intrumentalisation mentionnée plus haut.
Au plan local, les associations, prises dans la même remise en cause, ont aussi beaucoup évolué. L'une des réponses apportées a été la professionnalisation, dont on commence à voir les limites... Une autre réponse propose une formation, et il semble que ce soit une bonne piste. Aujourd'hui, les associations se regroupent dans des "maisons du bénévolat" pour accueillir, orienter, informer et former les bonnes volontés désireuses de faire le bien. Pas besoin de formation pour filer un coup de main une heure ou deux par semaine dans une assoce (encore qu'un peu d'information ne nuise pas). Mais pour "s'engager", si. La bonne volonté ne suffit pas. Il y faut aussi ce que vous appelez une conscience. Et beaucoup de lucidité et d'humilité, effectivement. Plus une formation. Pour savoir dans quoi on s'engage. Pour ne pas se tromper de combat.
En ce qui me concerne, un monde qui produit de l'exclusion à gros flocons ne m'intéresse pas. Un monde qui impose la précarité comme avenir (4) ne m'intéresse pas. Un monde qui criminalise le pauvre et le différent ne m'intéresse pas. Un monde qui embastille à pleins fourgons pour des peines de plus en plus longues et des motifs de plus en plus délirants (5) ne m'intéresse pas. Un monde qui pille, gaspille, détruit, souille allègrement ne m'intéresse pas. Un monde qui se mesure le porte-monaie, comme gamins on se mesurait la bite (je ne sais pas pour les filles), ne m'intéresse pas.
Je n'ai pas d'enfant. Mais d'autres, si.
Il y aura toujours des pauvres et des riches. Dans une certaine mesure, c'est même justice (oh la la... on va me le reprocher, ça !). Dans une certaine mesure seulement. Il n'est pas inéluctable que le pauvre le soit au point de ne pouvoir se nourrir tout seul. Il n'est pas inéluctable qu'il n'y ait pas un toit pour tout le monde. Bon, allez, vous me demandiez quoi faire, je vais vous en donner un, de conseil. Prenez une carte au DAL (Droit au logement) ou équivalent. Aujourd'hui, l'urgence la plus urgente est là.
A propos du ménage fait dans les rangs des sdf parisiens, comprendre que les lieux de rendez-vous habituels ont été quadrillés jusqu'à ce que la misère se cache. Ou quitte la ville. Sauf que la rue, c'est un flux. Pour dix qui meurent ou déménagent, il y en a 10 qui reviennent. Mais ils ne sont plus tolérés que sur des secteurs précis. Un peu comme les dealers. Et quand le bourgeois gueule trop, on les change de quartier. En province, où on trouve de nombreux "parisiens", on fait pareil. Mais il ne fait pas de doute que le froid en fait sortir beaucoup de leur planque.
Lors de mon passage à Paris, je me suis fait un petit "pèlerinage". Je suis allé au forum des halles. A l'extérieur, 5 sdf tout compris, dont 2 extrèmement discrets. A l'intérieur, zéro sdf. Par curiosité et incrédulité, je me suis arrêté (debout) au hasard des couloirs, pour chercher l'erreur. Trois fois, dans les minutes qui ont suivi mes arrêts en double file, des vigiles sont venus me demander, poliment, de circuler, de ne pas rester planté là. Bon, je n'ai pas une tête de premier de la classe, m'enfin quand même, provincial en visite à Paris, j'étais rasé de près et j'avais sorti le jean du dimanche. Cela dit, 3 nouveaux copains en 20 minutes, j'ai laissé tomber. Vigipirate ? Il a bon dos, le terroriste...
A propos de lieux et de sdf, lire un étonnant bouquin de Djemila Zeneidi-Henry : Les SDF et la ville - Géographie du savoir survivre, éditions Bréal, 2002. C'est localisé sur Bordeaux, mais il serait passionnant de faire le même travail sur Paris, d'autant plus qu'il y serait facile de remonter le temps pour suivre les "migrations".
PS: ma relecture du site, suscitée par votre courrier, a été l'occasion de dégainer le surligneur rouge à plusieurs reprises :
- les fautes d'orthographe, de grammaire et
de frappe sont incontestablement des espèces à génération
spontanée :o(
- il faut absolument que je
m'occupe d'une épouvantable trace de copié-collé
(entre les pages sdf et fric).
- les "systématisés" sont indiscutablement
les pros.
- on trouve aussi quelques vrais cons : Chevènement
bien sûr, plus les
beaufs qui traitent les pauvres de fainéants plutôt
que de les aider et qui n'ont pas volé l'étiquette
(ce que même Christine Boutin 1
& 2 a reconnu devant l'Assemblée
nationale). Ca, c'est les originaux, nominés dès
la mise en ligne du site en juin 2000. Mais on trouve aussi aujourd'hui
un journaliste et en partie
l'Observatoire du Samu social,
qui ne sont pas précisément des amateurs ou des
bénévoles dans leur domaine respectif ; plus, petits
derniers (mais j'en ai d'autres en réserve...), certains
magistrats et cheminots actuellement en fonction (note 5 ci-dessous)
; Declerck aussi se voit
catalogué, mais là c'est admiratif et chapeau bas.